Frise chronologique
À gauche, les grandes ruptures de l'IA. À droite, ce qui s'est passé dans le monde au même moment, afin de mesurer à quelle vitesse tout a changé.
Alan Turing pose la question fondatrice : « Les machines peuvent-elles penser ? » Il imagine un test — si une machine convainc un humain qu'elle est humaine, elle est intelligente.
Le monde sort à peine de la Seconde Guerre mondiale. La Guerre froide s'installe. La technologie est alors synonyme de menace, pas d'assistance.
À la conférence de Dartmouth, John McCarthy invente le terme « Intelligence Artificielle ». Les chercheurs espèrent créer une machine aussi intelligente qu'un humain en 20 ans. Il faudra 70 ans de plus.
Elvis Presley enregistre ses premiers tubes. L'URSS lancera Spoutnik l'année suivante. Le monde entre dans l'ère spatiale. L'avenir semble sans limites.
L'ordinateur d'IBM bat le champion du monde d'échecs Garry Kasparov. Choc mondial : pour la première fois, une machine domine l'humain dans un domaine considéré comme l'apanage de l'intelligence pure.
Titanic, le film de James Cameron, bat tous les records au box-office. La princesse Diana meurt dans un accident à Paris. Google n'existe pas encore — il sera fondé l'année suivante.
IBM Watson bat les deux meilleurs joueurs humains du jeu télévisé Jeopardy, un quiz de culture générale complexe. Première démonstration grand public d'une IA capable de comprendre le langage naturel et l'humour.
Les révolutions arabes s'organisent via Twitter et Facebook. Le tsunami de Fukushima provoque la pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl. Steve Jobs meurt en octobre.
Un programme nommé AlexNet réduit de 40 % les erreurs de reconnaissance d'images — un résultat inimaginable jusque-là. Les réseaux de neurones profonds s'imposent. C'est le vrai tournant qui rend possible tout ce qui suit.
Le clip de Psy devient la première vidéo YouTube à dépasser 1 milliard de vues. Le calendrier maya prédit la fin du monde le 21 décembre. Spoiler : on est toujours en vie.
DeepMind bat le champion du monde de Go — un jeu de stratégie avec plus de configurations possibles que d'atomes dans l'univers observable. AlphaGo invente des coups que personne n'avait joués en 3 000 ans d'histoire du jeu.
Le Royaume-Uni vote pour quitter l'Union Européenne — le Brexit surprend le monde entier. Pokémon Go envahit les rues simultanément : des millions de personnes scrutent leur téléphone pour chasser des créatures virtuelles.
Des chercheurs de Google publient un article intitulé « Attention is All You Need ». Cette architecture technique est le fondement de tous les grands modèles actuels — GPT, Claude, Gemini. Sans ce papier, ChatGPT n'existe pas.
Le mouvement #MeToo déferle sur les réseaux sociaux. Le Bitcoin atteint 20 000 $ pour la première fois avant de s'effondrer de 80 %. Le monde commence à parler de bulle spéculative dans la crypto.
OpenAI dévoile GPT-3, un modèle entraîné sur une quantité astronomique de textes. Pour la première fois, une IA génère des textes quasi indiscernables de l'humain, rédige du code, traduit, résume. L'IA générative devient réelle.
La pandémie paralyse la planète. Des milliards de personnes télétravaillent. Les vaccins sont développés en moins d'un an grâce à l'IA. Le monde numérique devient le seul lien social.
ChatGPT atteint 100 millions d'utilisateurs en 2 mois — record absolu dans l'histoire de la technologie. L'IA sort des laboratoires et entre dans chaque bureau. Pour la première fois, tout le monde peut parler à une IA performante.
La Russie envahit l'Ukraine en février. La reine Élisabeth II décède après 70 ans de règne. La France est finaliste de la Coupe du monde au Qatar.
GPT-4, Claude, Gemini, Llama — en quelques mois, les capacités doublent. Les modèles lisent des images, génèrent du code de production, raisonnent sur des contrats de 200 pages. L'IA entre dans les outils professionnels.
Scénaristes et acteurs font grève pendant 6 mois, craignant d'être remplacés par l'IA. C'est la première grande grève d'une industrie entière face à l'automatisation.
Les IA cessent d'être de simples chatbots pour devenir des agents capables d'agir : naviguer sur le web, écrire et exécuter du code, gérer des fichiers, coordonner d'autres IA. L'IA ne répond plus — elle fait.
Paris accueille les Jeux Olympiques. Plus de 4 milliards de personnes sont appelées aux urnes dans le monde entier — la plus grande année électorale de l'histoire. L'IA influence déjà les campagnes.
Les agents s'intègrent dans les workflows réels. Médecins, avocats, enseignants, assureurs — chaque profession construit ses propres assistants spécialisés. L'IA devient un outil de travail quotidien, comme le tableur en 1990.
L'AI Act européen entre pleinement en vigueur — première loi au monde encadrant l'IA par niveau de risque. Les entreprises doivent auditer leurs usages. La France investit massivement dans sa souveraineté numérique.
Aujourd'hui, des systèmes multi-agents voient le jour : plusieurs IA spécialisées se coordonnent automatiquement pour accomplir des tâches complexes — l'une rédige, l'autre vérifie, une troisième envoie. Vous êtes à ce moment précis de l'histoire.
Les assistants IA prennent des notes, rédigent les comptes-rendus, suggèrent les actions suivantes. Dans les agences MAIF comme ailleurs, la question n'est plus « faut-il adopter l'IA ? » mais « comment bien le faire ? »
Certains chercheurs travaillent sur ce qu'ils appellent l'Intelligence Artificielle Générale — une IA capable d'apprendre et d'exceller dans n'importe quel domaine, comme un humain, mais en quelques secondes. D'autres imaginent des robots guidés par l'IA pour les soins, les entrepôts, les maisons. Et des interfaces permettant de communiquer avec une IA par la voix, le regard, ou même la pensée.
Certains voient une utopie — la fin des tâches répétitives, la médecine personnalisée, le changement climatique résolu grâce à l'IA. D'autres s'inquiètent des dérives. La réalité sera entre les deux. Et ceux qui comprennent ces outils aujourd'hui en seront les acteurs.
Vous êtes à ce moment précis de l'histoire.
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